La Route du soi : « Prendre le temps de prendre son temps » et de penser à soi.  Oui, prendre le temps d’écouter ce je ne sais quoi caché au fond de soi… qui pousse qui pousse et parfois ne nous lâche pas. Mais que se passe-t-il dans ces moments-là ? Y aurait-il quelque chose d’autre que mon moi à l’intérieur de moi ?

Nous sommes conditionnés depuis l’enfance pour produire des « images intérieures » : des souvenirs d’images, de sons, d’odeurs, de contact… Ce sont toutes les informations que nous enregistrons et qui parfois, négatives, nous empoisonnent. Pour les comprendre et les transformer en  » images de guérison « , il faut faire appel à notre guide intérieur, notre Inconscient, prêt à nous conseiller, nous aider, nous guérir ; et ouvrir les portes de ce fascinant monde intérieur afin de retrouver plaisir de vivre, capacité d’aimer et de s’aimer, confiance en soi. La méthode proposée par Nicolas Bornémisza, fondée sur des exercices de relaxation, des pauses respiration, un « décodage  » personnel de ses propres images intérieures, est renforcée par une approche et des explications tirées de la psychologie jungienne des malaises traités. On a tous en nous un monde intérieur qui peut nous guérir.

Dans son émission sur France Inter, Marie-Pierre Planchon nous propose de rencontrer cet homme qu’elle considère faire partie des sages du monde occidental, un homme qui connaît les profondeurs de l’âme humaine, lui-même ayant côtoyé la souffrance, subit la terreur, et trouvé un début de paix en explorant son monde intérieur…

L’art a été son salut, l’exploration de l’inconscient, sa délivrance, et la voie des rêves sa transformation…

Nicolas Bornémisza, l'attrapeur de rêvesNicolas Bornemisza est né en Hongrie. Après avoir échapper aux nazis, son âme de révolutionnaire s’est révélée avec le régime communisme… Après la révolte de 1956, ce jeune artiste a dû fuir son pays et immigré, tout d’abord en Belgique puis au Québec…

Après avoir étudié le cinéma, ses aspirations profondes l’ont amené en 1984 à étudier à Zurich, la psychologie analytique, à l institut Carl Gustave Jung.

Depuis il enseigne l’interprétation des rêves et a créé le Yoga de l’individuation.

Aujourd’hui sur la Route du Soi, Nicolas Bornemisza, est un attrapeur de rêves et poursuit sa révolution intérieure…

Il nous raconte comment des rêves signifiants ont pu transformer sa vie et l’emmener à emprunter une route inattendue qui le poussera à quitter le monde cinématographique et radiophonique pour celui de la psychanalyse jungienne, l’interprétation des rêves et des contes, et créer le yoga psychologique, le yoga de l’individuation.

 Retrouvez-le ici dans le podcast de cette émision de juillet 2016 (53 mn36) animée par Marie-Piere Planchon

« Pour pouvoir aider à guérir, il faut avoir été blessé. Pour comprendre la blessure de l’autre, si on n’a pas vécu ça nous-même, si on ne sait pas ce que ça nous a fait comme effet de torture, de haïr le monde, de gueuler contre Dieu ou contre l’Univers, et de frôler la mort… on ne peut pas comprendre la personne qui est dans cet état. Si jamais nous essayons d’aider quelqu’un, nous devons rentrer dans la situation de l’autre. »

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« Le processus d’individuation, c’est un peu la quête héroïque telle que Joseph Campbell, grand mythologue américain, nous la présente. Il y a 3 grandes phases dans cette quête. Il y a l’appel : il y a quelque chose qui vient et qui veut nous arracher de l’existence des êtres humains qui tous vivent d’une certaine manière et qui, tout à coup, ne nous convient plus ; et dont nous sommes forcés de sortir. Et dans cette phase, nous nous retrouvons dans le ventre de la baleine, c’est-à-dire dans le ventre maternel où chaque enfant, comme dit Freud, veut retourner un jour. Il y a la deuxième phase où il faut livrer bataille aux monstres parentaux, pas aux parents qui ont fait tout leur possible pour leurs enfants, mais ce que les enfants en ont pris comme défis, comme terreurs et qui est si magnifiquement représenté dans les contes de fées et dans les mythes. Alors, il faut faire notre chemin, il faut faire notre bataille jusqu’à arriver à une apothéose, où l’on rencontre une vérité, on rencontre une conscience, qui dépasse tout, et là on sait qu’on est rentré chez soi. A partir de là, la vie est différente. Mais il y a la troisième phase qui, après cette expérience, il nous faut encore rentrer dans le monde des humains, et ceux qui ont fait ce chemin disent combien c’est difficile car comment parler de la lumière à des personnes qui ne l’ont jamais vue et qui ne veulent même pas la voir. C’est extrêmement dur d’avoir autour de nous des personnes à qui on essaie de dire « oui, c’est 2 pas en avant et à gauche, c’est possible mais ça prend un effort, mais il faut dépasser nos compromis, car ce qu’il faut comprendre c’est que les humains face à l’immensité de leur être, se réfugient dans les compromis. Ils ont la peur du rêve, ils ont la peur de rentrer dans ce monde intérieur. Et c’est là que nous pouvons retourner vers cette autre lumière que nous avons trouvée, nous devons la ramener dans notre quotidien. Il faut essayer de le faire. Il faut être dans les deux mondes et passer librement du monde du quotidien au monde supérieur dans lequel le temps n’existe pas, où tout ce que nous avons vécu est là tout le temps et nous pouvons le rejoindre si nous le voulons ou si nous le devons pour justement faire encore le nettoyage qui nous permet de pleinement ête nous-même…. C’est très difficile de parler de monde intérieur à des personnes proches de nous qui souffrent de relations difficiles, d’amour difficile, qui sont atteints de cancer ou d’autres formes de dépression et d’être témoin de cette fuite vers les compromis, vers ce que le Dr Laborit appelait -L’éloge de la fuite. Il y a ce monde qui nous permet d’accéder à une vie supérieure, et qui est inconnu de la plupart des humains. La culture ne véhicule pas ces données, qui sont des données vitales de chaque être humain… Quoi faire pour que ces gens qu’on aime sortent de leur paralysie et puissent accéder à leur véritable être ? ».

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« Si nous pouvons imaginer que cette transformation, cette illumination, ce nirvana pourrait devenir un jour accessible, tout ce qui nous y amène, que ce soit souffrance, joie, maladie, crise, accident, n’importe quoi mais qui nous amène vers cette transformation, peut avoir une nouvelle valeur, et si on comprend cela, ce n’est plus l’objectif lointain qui est vraiment important, mais c’est le chemin… Il est long mais aussi, il est double car si on sent qu’on chemine, on peut en même temps vivre pleinement notre quotidien, aussi nous devons vivre notre réalité de la façon la plus jouissive, et découvrir combien il y a de possibilités d’accomplissement dans des petits évènements ou situations modestes, si on a les yeux ouverts. Et ainsi de pouvoir retrouver dans ce quotidien de plus en plus l’extase, à travers la nature que nous rencontrons, à travers le sourire des enfants… en accédant à une réalité qui a été longtemps cachée et  laquelle encore tant d’humains ignorent encore aujourd’hui. »


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