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Manger en soloMême si on est de plus en plus à l’ère des portions individuelles et du vrac, manger seul n’est pas une question facile ni encore forcément bien assumée pour tous.

Pourquoi nous est-il si difficile de bien se nourrir et de bien manger, de se mettre à table quand on est seul(e), quand on n’a personne avec qui partager ? Pourquoi alors se nourrit-on de n’importe quoi ? Pourquoi mange-t-on n’importe où, n’importe comment, en faisant autre chose ?

Pourquoi a-t-on souvent tant de plaisir à cuisiner /pâtisser pour les autres et pas pour soi ?

Car, à l’inverse, si la routine des repas peut sembler pour les autres, lourde et surtout un éternel recommencement, il s’agit ici d’amour de soi, d’estime de soi. Peut-être ne s’aime-ton pas assez pour se faire du bien juste pour soi, pour prendre le temps nécessaire à l’élaboration de nos repas, pour déguster un repas digne de ce nom ? Pourquoi ne s’accorde-t-on pas ce que nous offrons aux autres pourtant ? Pourquoi ne prend-t-on pas la peine de se faire plaisir, de se dresser une jolie table ?

Pourquoi est-ce difficile de manger seul(e) et bien ?

Manger est un acte social,  un partage avec l’autre, de la pure convivialité (une notion créée par Brillat-Savarin pour désigner « le plaisir de vivre ensemble, de chercher des équilibres nécessaires à établir une bonne communication, un échange sincèrement amical autour d’une table… ). Aussi sans convive, le repas est réduit au côté fonctionnel de l’acte de manger, triste non ?

Manger en sa seule compagnie nécessite donc que l’on s’aime véritablement et que l’on s’estime autrement dit que l’on pense légitime de prendre et de passer du temps pour soi, l’acte de se nourrir n’étant pas simplement se « remplir » mais de prendre soin de soi, de son corps, de faire attention à soi… C’est un acte personnel, identitaire et émotionnel à la fois.

Renouer avec le plaisir de se faire plaisir, sortir de la croyance que seuls les autres valent le coup de passer du temps à bien manger et à élaborer un repas digne de ce nom, pour manger seul(e) et bien, en conscience et en toute bienveillance. Pour déculpabiliser, il faut sortir de l’illusion que l’autre est indispensable, plus méritant de notre temps et de notre attention que nous-même.

Et au contraire, voir cela comme la possibilité de manger ce qui nous plait, ce qui nous convient, au moment où la faim et le plaisir réel de manger se font sentir et non parce que c’est « l’heure de manger ».

Arrêter de penser que quelque part, juste pour soi, ça n’en vaut pas la peine, ce qui souvent nous fait devenir des mangeurs compulsifs qui ingurgitent à toute vitesse, souvent debout des aliments pour nous calmer, nous remplir, calmer notre faim mais surtout nos angoisses.

L’amour de soi est la valeur que l’on s’accorde et c’est un point clé dans le fait que l’on va justifier de passer du temps à prendre soin de nous et notamment de prendre le temps nécessaire d’élaborer nos repas et de les manger dans de bonnes conditions. Il va nous aider à nous réjouir de manger en « bonne compagnie », en notre compagnie… de pouvoir se gâter, se faire plaisir, expérimenter des saveurs, des modes alimentaires, et se délecter de ce qu’on aime.

Manger seul(e) finalement nous permet de manger en conscience et de porter attention à qui nous sommes et à quoi et à quand nous devons manger et de pouvoir aussi s’arrêter quand on le souhaite, quand on en ressent le besoin sans la pression sociale du groupe.

C’est aussi se respecter et se faire plaisir en cuisinant les choses que l’on aime et qui nous satisfont, nous font plaisir. C’est être attentif à soi, à son plaisir , être à l’écoute de ses besoins et de sa satiété.

Côté pratique, il s’agit d’ancrer une bonne habitude de manger bien, de se mettre à table au calme, de se cuisiner un bon repas qui nous fait envie et plaisir, qui nous « nourrissent » à tous points de vue, de se dresser une jolie table, de bien présenter notre assiette, de visualiser la chance que l’on a pour les raisons vues ci-dessus, et de s’y tenir assez longtemps afin de chasser définitivement notre mauvaise habitude d’ingurgiter purement et simplement des aliments pour juste nous « remplir ».

Il s’agit aussi d’avoir, de prendre d’autres habitudes en amont pour nous aider à y arriver. Ne pas avoir systématiquement des choses toutes prêtes sous la main (souvent pas trop saines) et ainsi s’obliger à cuisiner au moins un minimum ou bien avoir toujours à portée de main des fruits et oléagineux pour un éventuel en-cas, prendre l’habitude d’acheter en vrac la quantité qui nous est nécessaire (le vrac se démocratise de plus en plus), prendre l’habitude de surgeler nos préparations pour ne pas se retrouver à manger 3 jours de suite la même chose et ainsi pour avoir quelque chose de bon et sain prêt à l’emploi, lorsque le temps nous manquera, pour nous aider à encore mieux ancrer nos bonnes habitudes de bien manger seul(e).

Que vous soyez seul(e) ou non au moment des repas, posez-vous la question : « Combien ai-je véritablement savouré de repas au cours de mon existence ? Au cours du dernier mois ? Au cours des derniers jours ?

A partir de maintenant, portez de plus en plus votre attention sur vos repas, mangez consciemment, en étant présent(e) à ce que vous faites et à ce que vous ingurgitez et lâchez prise sur le reste. Et soyez bienveillant avec vous-même.

Bon appétit ! 🙂


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